SAISON 4 - ARTICLE 1 : L'ART DE LA DÉBROUILLE – UN REFUGE « PAS PIRE »
SAISON 4 - ARTICLE 1 : L'ART DE LA DÉBROUILLE – UN REFUGE « PAS PIRE »
*« Quand on bâtit au bord du néant, on ne cherche pas la perfection. On cherche juste à ce que le plafond ne nous tombe pas sur la tête. C'est peut-être pas parfait, mais pour un début, c'est pas pire du tout. »*
Le pro et l'apprenti (Le récit de Todd) :
"On va se le dire franchement : moi et la haute ingénierie de précision, ça fait deux. J'avais beau essayer de visser les cadrans de laiton et de calibrer les condensateurs, je finissais toujours par inverser un fil ou bloquer une valve. Heureusement que Peter était là. Ce gars-là, c’est un vrai pro. Il manipule le tournevis sonique et les clés à molette comme un chirurgien.
'Laisse faire, Todd, tu vas encore faire sauter les plombs', disait-il en riant à moitié sous son masque de soudure, alors qu'une énième fumée noire s'échappait de mon côté de l'établi.
En combinant son génie technique et ma connaissance des vieux rouages, on a fini par accoucher de quoi de pas pire. C'est rustique, c'est massif, mais c'est solide."
Les imperfections de la machine (Le labo vivant) :
L'atelier est enfin debout, mais il a le caractère d'un vieux moteur qui refuse de mourir.
* **Les étincelles du quotidien :** Le panneau électrique principal, installé par Peter, a une fâcheuse tendance à cracher des gerbes d'étincelles bleues dès que le labyrinthe extérieur bouge trop vite. Ça éclaire la pièce par intermittence, lui donnant un air de laboratoire de savant fou.
* **Le sifflement des valves :** Pour stabiliser l'énergie de la Graine, Peter a dû dériver la vapeur de la locomotive. Résultat : un sifflement constant s'échappe des tuyaux du plafond. On s'y habitue, c'est le pouls de notre nouvelle maison.
* **Le réglage permanent :** Rien n'est définitif. On a laissé des panneaux ouverts et des outils traîner partout. Dans ce repaire, il y a toujours de quoi à améliorer, une vis à resserrer, un cadran à réajuster.
Les constatations de Todd :
"Je me suis assis sur une caisse de bois, regardant Peter peaufiner les soudures du grand lecteur de livres de liaison. Une pluie de petites étincelles dorées est tombée sur le plancher de pierre, se dissipant avant de toucher nos carnets de route.
'C'est pas parfait, Todd', a dit Peter en relevant sa visière, le visage maculé de suie. 'Le régulateur de tension oscille encore un peu, et si on branche trop de machines en même temps, on risque de faire disjoncter la Strate Racine.'
'C'est parfait comme ça, mon vieux', j'ai répondu en lui tendant une gourde d'eau tiède. 'C'est notre création. Ce n'est que le début.'
Pour la première fois depuis qu'on a mis les pieds dans ce maudit réseau, on n'était plus en train de fuir. On était chez nous, au milieu des étincelles et du laiton, prêts à affronter ce que le labyrinthe en mouvement allait nous envoyer à travers la prochaine porte."
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