ARTICLE : LE GRAND VIDE – LA PASSERELLE FLUOLUMINESCENTE

 ARTICLE : LE GRAND VIDE – LA PASSERELLE FLUOLUMINESCENTE

*« Quand les murs de la prison s'effondrent sous le choc électrique, on ne trouve pas la liberté. On trouve le vide. Un néant total, où seul un fil de lumière fluorescente vous empêche de tomber pour toujours. »*

La dissolution du décor (Le récit de Todd) :

"Au dernier *CLAC* du défibrillateur cosmique, les briques, le dôme, le sol en béton et le tableau de bord en fonte se sont littéralement évaporés. Ils n'ont pas explosé ; ils ont juste disparu, comme une image de téléviseur qu'on éteint.
Je me suis retrouvé suspendu. Debout au milieu du **vide absolu**.
Pas de ciel, pas de terre, pas de haut ni de bas. Rien qu'une obscurité totale, d'une pureté terrifiante, qui semblait s'étendre à l'infini. Dans ce néant, il n'y avait plus de bruit, plus d'air, plus de gravité. J'aurais dû tomber, couler dans ce noir d'encre, mais mes pieds étaient posés sur quelque chose de solide. Quelque chose qui venait de s'allumer sous mes pas."

 Le chemin de lumière (L'artefact d'énergie) :

Ce qui me maintenait au-dessus du néant était une structure magnifique et irréelle. Une **passerelle fluoluminescente**.

 * **La matière de lumière :** Ce n'était pas du métal ou du verre. La passerelle était faite d'un faisceau d'énergie condensée, d'un bleu-vert chimique, fluorescent, qui flottait dans le noir. Elle vibrait doucement sous mes semelles, émettant un léger bourdonnement aigu, comme un tube néon sous haute tension.

 * **Les filaments interconnectés :** En regardant de plus près, j'ai vu que cette passerelle était tressée à partir des milliers de fils dorés et bleus que je venais de bidouiller dans la salle des machines. Mon câblage maladroit avait créé un pont énergétique stable au milieu du néant.

 * **La perspective infinie :** La passerelle, large d'à peine un mètre et sans aucune barrière, s'enfonçait en ligne droite dans le vide absolu, pointant vers un point invisible à l'horizon.

Les constatations de Todd :

"Je n'osais pas faire un pas. Un faux mouvement, et je basculais dans l'infini noir. J'ai regardé à côté de moi : Peter était là lui aussi, sa silhouette sombre découpée par la lueur fluo du sol. Son manteau de laine flottait bizarrement, comme s'il flottait dans l'espace.
'On a réussi', a-t-il chuchoté, et sa voix résonnait directement dans ma tête, le vide n'ayant pas d'air pour porter le son. 'Le choc a forcé la Submachine à détacher ce secteur du reste de la simulation. Nous sommes en dehors du dôme, Todd. Sur la route des concepteurs.'
J'ai baissé les yeux vers mes mains. La lumière fluorescente de la passerelle traversait ma peau, rendant mes veines légèrement lumineuses. Les faux souvenirs de 'Dave' et du supermarché commençaient à s'évaporer de mon esprit comme de la buée sur une vitre. Je ne savais pas encore tout de mon passé, mais je savais une chose : l'homme qui marchait sur ce fil de lumière fluo n'avait plus rien d'un employé ordinaire.
'Qu'est-ce qu'il y a au bout ?' j'ai demandé en fixant la ligne lumineuse qui se perdait dans le noir.
Peter s'est tourné vers moi, ses yeux brillant de la même lueur bleue que la passerelle. 'La fin des strates, Todd. Le point d'où la machine tire toute sa puissance. C'est là qu'on va aller chercher ta clé.'"

LA MARCHE SUR LE FIL

Todd et Peter s'avancent sur la passerelle fluoluminescente, suspendus au-dessus du néant total.
Qu'est-ce qui va commencer à apparaître le long de ce chemin de lumière ? Des fragments flottants de leurs anciens souvenirs, ou des sentinelles envoyées par la Submachine pour bloquer leur évasion ?

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