ARTICLE : L'ARRATCHAGE DES SCEAUX – LE BOURDONNEMENT SACCADÉ
ARTICLE : L'ARRATCHAGE DES SCEAUX – LE BOURDONNEMENT SACCADÉ
*« Quand l'univers s'effondre avec un sifflement strident, on ne cherche pas l'outil parfait. On attrape ce qui vient, on frappe sur le bois, et on prie pour que les clous cèdent avant la réalité. »*
L'urgence du désespoir (Le récit de Todd) :
"Le sifflement aigu du grenier me vrillait le cerveau, et les cloisons de mon couloir commençaient à se plier comme du carton mouillé. Pas le temps d'aller chercher un pied-de-biche au sous-sol. J'ai foncé dans ma cuisine en titubant, j'ai ouvert le tiroir à ustensiles et mes doigts se sont refermés sur la seule arme que j'ai trouvée : mon vieux **marteau de cuisine** en fonte, celui qui sert normalement à attendrir la viande.
Je suis retourné dans le couloir. Les planches de bois brut qui scellaient le garde-robe semblaient vibrer sous l'effet d'une pression invisible.
J'ai glissé le côté plat du marteau sous la première planche transversale et j'ai tiré de toutes mes forces. Le bois a crié. Les clous rouillés ont résisté, alors j'ai cogné. J'ai cogné comme un sourdingue avec le côté dentelé du marteau, faisant voler des éclats de vernis et de bois mort."
Ce qui s'échappe de la fente (Les vibrations) :
Dès que la première planche supérieure a cédé dans un craquement sinistre, révélant une mince fente noire, la distorsion a changé de rythme. Le sifflement aigu a été instantanément étouffé par un bruit d'une puissance phénoménale qui s'est échappé du placard.
* **Le bourdonnement saccadé :** Ce n'était plus le ronronnement continu de la Submachine. C'était un bruit lourd, mécanique et haché. *Vvvv-clac... Vvvv-clac... Vvvv-clac...* Comme si un gigantesque moteur diesel ou un alternateur géant était en train de caler et de redémarrer toutes les deux secondes juste derrière la cloison.
* **La vibration physique :** Le sol s'est mis à trembler de manière saccadée, calé exactement sur le rythme du bruit. Mes dents s'entrechoquaient, mes mains tremblaient sur le manche du marteau de cuisine, et la poussière du faux plafond tombait en pluie fine sur mes épaules.
* **L'odeur de surchauffe :** Une bouffée d'air chaud et sec a balayé mon visage. Une odeur d'ozone, d'huile de moteur brûlée et de bakélite surchauffée. La strate de secours était sous tension maximale.
Les constatations de Todd :
"Je sentais la panique me submerger, mais le rythme de ce bourdonnement saccadé avait quelque chose d'hypnotique. *Vvvv-clac... Vvvv-clac...* Ça résonnait jusque dans ma cage thoracique. Ce garde-robe n'était pas un placard. C'était la bouche d'aération d'une immense machinerie.
J'ai asséné un dernier coup de marteau rageur sur la planche du milieu. Elle s'est brisée en deux.
À travers l'ouverture, dans le noir absolu du placard qui vibrait comme un cœur mécanique, j'ai vu deux points lumineux mobiles. Deux petites lueurs d'un bleu azur intense qui se balançaient au rythme des secousses. Quelqu'un tenait une lampe de poche à l'encre bleue de l'autre côté du vide, et une main gantée de cuir s'est tendue à travers les débris de bois pour attraper mon bras.
'Saute, Todd !' a crié une voix basse à travers le tumulte, presque étouffée par le *Vvvv-clac* du moteur. 'La strate s'éteint !'
J'ai lâché mon marteau de cuisine. J'ai attrapé la main gantée, et je me suis laissé aspirer par le bourdonnement."
DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR MÉCANIQUE
Todd vient de quitter définitivement son appartement. La Strate 44 et le supermarché n'existent plus pour lui. Il est tombé dans les rouages.
Où le wagon ou la main de l'homme au manteau va-t-il le déposer ? Dans la véritable salle des machines de la Submachine, ou dans un lieu encore plus ancien ?
Commentaires
Publier un commentaire